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Main consultant sur un smartphone le journal d’ouvertures d’une serrure connectée intérieure sans marque

Vie privée · 17 septembre 2026

Journal d’activité d’une serrure connectée : garder le contrôle

Savoir si la porte a été verrouillée peut rassurer. Mais un historique qui associe une action, une personne et une heure raconte aussi une partie de la vie du foyer. Avant d’activer toutes les notifications, mieux vaut comprendre ce qui est enregistré, où, pendant combien de temps et qui peut le consulter.

Le bon réflexe : ouvrez les réglages de la serrure aujourd’hui, identifiez le journal d’activité et vérifiez les comptes autorisés. Ne confondez pas utilité ponctuelle et conservation systématique.

Ce que le journal peut révéler

La documentation Nuki donne un exemple concret : son journal suit les actions réalisées par la serrure, avec l’action, l’appareil, l’utilisateur, l’heure et certaines informations générales. Lorsqu’un capteur de porte est utilisé, l’ouverture et la fermeture peuvent également apparaître.[1] Selon le modèle, d’autres fabricants peuvent organiser ces données autrement : il faut donc lire la notice du produit exact.

Pris séparément, un événement paraît anodin. Une série d’horaires peut néanmoins suggérer des routines, une absence ou le passage régulier d’un proche. Ce n’est pas une raison pour renoncer à la fonction, mais pour la configurer avec la même attention qu’un historique de localisation.

Commencer par une question simple : à quoi sert-il ?

Un journal peut aider à confirmer qu’un accès temporaire a fonctionné, à comprendre une alerte ou à vérifier qu’une porte a bien été verrouillée. En revanche, conserver chaque mouvement « au cas où » n’est pas toujours nécessaire. Choisissez un objectif précis, puis limitez les informations et la durée à cet objectif.

La CNIL rappelle, dans son cadre consacré au contrôle d’accès sur les lieux de travail, le principe de minimisation : les données doivent être adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire. Elle insiste aussi sur la limitation des finalités, l’accès réservé aux personnes habilitées et une durée de conservation définie.[2] Cette fiche vise les employeurs, pas directement le journal d’un logement privé ; ses questions — finalité, accès, durée — constituent néanmoins une grille de prudence utile pour un foyer.

Vérifier où les événements sont stockés

Le stockage peut être local dans la serrure, transmis à une passerelle ou associé à un service en ligne. Nuki indique que les entrées de son journal ne sont pas enregistrées dans l’application, mais sur l’appareil ; désactiver le journal arrête alors l’enregistrement de l’historique.[1] Cette précision ne doit pas être généralisée à toutes les marques ni à toutes les intégrations.

Consultez la politique de confidentialité et cherchez quatre réponses : le lieu de stockage, les destinataires, l’existence d’un export et la procédure d’effacement. Vérifiez aussi ce qui change lorsqu’une serrure est reliée à une plateforme domotique, un assistant vocal ou un service de location. Chaque intégration peut ajouter son propre compte et ses propres traces.

Réduire les accès au journal

Chaque habitant n’a pas forcément besoin des droits d’administration. Créez des accès individuels lorsque le système le permet, attribuez seulement les permissions nécessaires et retirez rapidement celles d’un ancien invité, prestataire ou locataire. Évitez le compte partagé : il rend les révocations difficiles et brouille l’origine des actions.

L’ANSSI recommande d’appliquer le principe du moindre privilège, d’utiliser un mot de passe différent pour chaque accès et d’activer la double authentification lorsqu’elle est disponible. Elle conseille également d’appliquer les mises à jour proposées depuis les canaux officiels.[3] Pour une serrure, ces mesures protègent à la fois la commande et la consultation de l’historique.

Régler une conservation proportionnée

Cherchez une option pour désactiver le journal, raccourcir sa conservation ou effacer les entrées. Nuki documente une limite technique : les serrures de troisième génération et plus récentes conservent les 1 000 dernières actions, contre 300 sur les générations précédentes, puis écrasent l’entrée la plus ancienne.[1] Une capacité maximale n’est toutefois pas une recommandation de durée : votre besoin peut être bien plus court.

Les notifications méritent le même tri. Une alerte « porte non verrouillée » peut être utile ; une notification nominative à chaque passage peut devenir intrusive. Désactivez ce qui n’aide pas à décider ou à agir.

La checklist confidentialité du foyer

  • identifier précisément les événements enregistrés et leur emplacement ;
  • définir pourquoi le journal est activé et pendant combien de temps ;
  • protéger le compte administrateur par un mot de passe unique et la double authentification ;
  • donner à chacun uniquement les droits nécessaires ;
  • supprimer les anciens accès et revoir régulièrement les intégrations ;
  • savoir effacer l’historique avant une vente, un déménagement ou un transfert de compte ;
  • informer clairement les personnes du foyer de ce qui est visible.

Enfin, gardez une solution de secours indépendante et documentée. La maîtrise d’une serrure connectée ne se limite pas à pouvoir ouvrir la porte : elle consiste aussi à savoir quelles traces elle produit et à pouvoir les réduire.

Sources primaires

  1. Nuki Support — Activity log: who locked your door and when?
  2. CNIL — L’accès aux locaux et le contrôle des horaires sur le lieu de travail
  3. ANSSI — 10 règles d’or en matière de sécurité numérique