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Une main approche un smartphone sans marque d’un lecteur NFC près de la serrure d’une porte d’appartement

Nouveauté · Clés mobiles · 13 septembre 2026

Aliro 1.0 : la clé mobile entre dans l’ère de l’interopérabilité

Une porte que l’on ouvre avec son téléphone n’est plus une nouveauté. Ce qui change avec Aliro 1.0, publié par la Connectivity Standards Alliance (CSA), c’est l’ambition de faire dialoguer lecteurs, serrures, smartphones et montres de fabricants différents autour d’un même standard de justificatif numérique.

À retenir : Aliro est un standard d’accès, pas une nouvelle serrure ni une promesse que tous les équipements existants deviendront compatibles. Avant un achat, il faudra rechercher une certification explicite du produit et vérifier les fonctions réellement disponibles.

Un standard distinct de Matter

La CSA a annoncé la spécification Aliro 1.0 le 26 février 2026. Elle la présente comme un protocole de communication et un standard de justificatif destinés aux logements individuels ou collectifs, mais aussi aux bureaux, universités et hôtels.[1] L’objectif est de réduire la fragmentation actuelle : une clé numérique pourrait être portée par un smartphone ou une montre et reconnue par un lecteur certifié, sans dépendre exclusivement d’une combinaison propriétaire.

Aliro ne remplace pas Matter. Matter organise la communication des objets de la maison connectée avec un écosystème domotique ; Aliro traite l’échange d’identité et d’autorisation au point d’accès. Une serrure peut donc, en principe, utiliser Matter pour les automatismes du logement et Aliro pour présenter une clé mobile à la porte. Cette complémentarité doit toutefois être confirmée modèle par modèle : la présence de Matter ne vaut pas compatibilité Aliro.

Trois gestes : toucher, commander, approcher

Aliro 1.0 prévoit plusieurs transports radio. Le NFC correspond au geste volontaire consistant à approcher le téléphone ou la montre du lecteur. Bluetooth Low Energy permet une communication à plus longue portée déclenchée par l’utilisateur. Enfin, l’association Bluetooth LE et Ultra-Wideband (UWB) vise l’authentification mains libres : le système évalue plus précisément la distance et la direction avant d’autoriser l’ouverture.[1]

Un document technique publié par la CSA le 26 août 2026 précise que le NFC constitue la base obligatoire d’un déploiement Aliro 1.0, alors que Bluetooth LE et l’UWB sont des extensions optionnelles. Il décrit l’UWB comme le moyen de vérifier une proximité physique avec une précision centimétrique et de mieux résister aux attaques par relais, où un signal légitime est retransmis à distance.[5] Il ne faut donc pas résumer « compatible Aliro » à « ouverture mains libres » : cette expérience dépendra du matériel radio intégré au lecteur comme au terminal.

Ce que l’UWB apporte à la porte

Le Bluetooth sait détecter un appareil proche, mais il estime moins finement sa position. Pour une porte d’entrée, cette nuance est essentielle : le système doit distinguer une personne qui s’approche depuis le palier d’un téléphone posé à l’intérieur. L’UWB mesure le temps de trajet du signal et sa direction ; combiné au Bluetooth pour la découverte initiale, il peut établir une trajectoire avant l’ouverture.[5]

Un premier exemple commercial montre la direction prise par le secteur. Aqara a présenté en janvier 2026 sa Smart Lock U400, un pêne dormant UWB annoncé « Aliro-ready », capable d’ouverture à l’approche avec des appareils compatibles. La marque limite alors sa disponibilité aux États-Unis, au Canada, à l’Australie, à la Nouvelle-Zélande et à Singapour.[2] Ce produit n’est donc ni une confirmation de disponibilité française ni, à lui seul, la preuve d’une certification Aliro 1.0.

Certification : le mot à surveiller

La CSA associe Aliro à un programme de certification et à des essais réalisés dans des laboratoires autorisés.[1] Son processus général précise qu’une certification atteste la conformité à une spécification et l’interopérabilité dans le programme concerné ; les nouveaux produits passent par un prestataire de test autorisé avant le dépôt d’une demande auprès de l’Alliance.[4]

Pour le particulier, cela fournit une méthode simple. Il faut distinguer « annoncé », « prêt pour Aliro » et « certifié Aliro ». La première formule décrit une intention, la deuxième peut signaler un matériel prévu pour une évolution, tandis que seule la troisième devrait correspondre à une validation formelle identifiable. Il faudra également contrôler quels modes sont certifiés : NFC seul, Bluetooth, ou accès mains libres avec UWB.

Les vérifications qui restent indispensables

L’interopérabilité numérique ne renforce pas mécaniquement la porte. Avant de choisir une serrure ou un lecteur, il reste nécessaire de vérifier la compatibilité avec le cylindre et la serrure multipoints, le fonctionnement lorsque la batterie est vide, l’existence d’un secours local, la révocation d’un téléphone perdu et la durée annoncée des mises à jour. Dans un immeuble, les règles de copropriété et la gestion des parties communes peuvent aussi conditionner le projet.

Aliro promet surtout une couche commune entre le justificatif mobile et le lecteur. La CSA met en avant une expérience indépendante du fabricant et du système d’exploitation pour les appareils et lecteurs certifiés.[3] La prochaine étape utile pour le marché français sera moins une nouvelle démonstration qu’une liste claire de produits certifiés, disponibles localement et documentés jusque dans leurs modes de secours.

Sources primaires

  1. Connectivity Standards Alliance — publication d’Aliro 1.0.
  2. Aqara — présentation officielle de la Smart Lock U400.
  3. Connectivity Standards Alliance — présentation officielle d’Aliro.
  4. Connectivity Standards Alliance — processus de certification.
  5. Connectivity Standards Alliance — document technique sur Aliro et l’UWB (PDF).